Tops et flops 2020

La crise sanitaire mondiale a tout chamboulé sur son passage et  la boxe n’a pas été épargnée. Malgré cette crise, nous aurons eu quelques beaux évènements de boxe au cours de ces douze mois. Netboxe.com revient sur les moments majeurs d’une année 2020 riche en émotions.

Boxeur de l’année : Teofimo Lopez 

Une fois n’est pas coutume; cette année le choix de la rédaction de NetBoxe se porte sur un autre boxeur que le lauréat du Top Ten en la personne de Teofimo Lopez. 15 combats professionnels avec une moyenne de 4 rounds par match et une honnête carrière amateur pour le jeune américain contre deux titres olympiques et deux titres mondiaux et trois titres dans trois catégories de poids pour le prodigieux Vasyl Lomachenko, sur le papier, l’affrontement semble déséquilibré.

Si Lopez est un gros frappeur, Lomachenko est un tel virtuose que l’on pense que sa science du ring renverra l’ambitieux et présomptueux américain à ses chères études. Le combat commence et Teofimo Lopez est fidèle à sa tactique de chasseur sniper qui guette la moindre ouverture pour placer sa redoutable frappe, Lomachenko est prévenu et il est prudent. L’ukrainien opte pour la mobilité, pensant probablement frustrer et fatiguer Lopez. Les rounds se suivent et se ressemblent, Lopez avance en décochant quelques frappes mais rien de transcendant, la surprise vient de l’attitude de Lomachenko qui tourne autour de son adversaire sans donner de coups. L’ukrainien tentera le forcing lors de la seconde moitié de combat sans pour autant parvenir à rattraper le retard accumulé lors des six premières reprises.

Cette prestigieuse victoire vaut à Lopez d’entrer dans les livres d’histoire de la boxe en devenant le deuxième plus jeune (23 ans) boxeur à unifier trois ceintures (WBA/IBF/WBO), le 1er étant Mike Tyson et ses 21 ans (WBC/WBA/IBF) en 1987 après sa victoire face à Tony Tucker.

 

Combat de l’année : Jose Zepeda vs Ivan Baranchyk

Sans surprise, nous avons choisi l’extraordinaire guerre entre le Mexicain Jose Zepeda et le Bélarusse Ivan Baranchyk comme combat de l’année 2020. Les deux super-légers nous ont offert un spectacle unique au scénario renversant !

Au premier round, Zepeda fut emporté par la fougue de son opposant et compté deux fois.

Au deuxième, le Mexicain piqua d’entrée Baranchyk mais l’arbitre Kenny Bayless considéra que le Bélarusse avait glissé. Zepeda parvint à l’envoyer à nouveau à terre peu de temps après, de façon indiscutable. Une nouvelle fois ébranlé quelques secondes plus tard, Baranchyk renversa la vapeur alors qu’il était acculé dans un coin du ring avec un puissant crochet droit qui mis le Mexicain sur les fesses. Le round de l’année ?

Aux troisième et quatrième reprises, Zepeda reprit l’ascendant avec deux knock-downs réussis grâce à sa magnifique patte gauche.

La cinquième et dernière reprise vit Baranchyk expédier « Chon » Zepeda au tapis pour la quatrième fois. Incroyable de résilience, ce dernier mit définitivement un terme aux débats peu de temps après à l’aide d’un terrible crochet gauche qui mit KO le pauvre Baranchyk pour bien plus que le compte.

Bilan de cet inoubliable affrontement : 4 knock-downs de chaque côté et un KO qui restera dans les mémoires. Sensationnel !

On retiendra par ailleurs le formidable championnat d’Europe des poids super-plumes gagné par Samir Ziani en Angleterre devant Alex Dilmaghani ainsi que le sommet entre Gervonta Davis et Leo Santa Cruz.

KO de l’année : Gervonta Davis vs Leo Santa Cruz

Egalement candidat au titre de combat de l’année, ce duel a surpassé les attentes en offrant au public de San Antonio six reprises de toute beauté. Il faut dire que Leo Santa Cruz a rappelé au monde qu’il était véritablement un grand boxeur en faisant bien mieux que résister.

Mais à moins de trente secondes de la fin du sixième round, alors que le Mexicain donnait une nouvelle droite dos aux cordes, Davis contra en décochant un uppercut prodigieux de son bras arrière gauche. Electrocuté, Santa Cruz resta de longues secondes immobile au sol tandis que le prodige américain exultait.

Mention spéciale au splendide retournement de situation réussi par Alexander Povetkin aux dépens du Britannique Dillian Whyte. Compté deux fois au quatrième round, le Russe est parvenu à assommer son adversaire dès le début de la reprise suivante grâce à un  monumental uppercut du gauche, donné du bras avant cette fois-ci. Somptueux !

Vol de l’année : Mohamed Mimoune vs Tyrone McKenna

Comment gagner neuf rounds sur dix et être déclaré perdant ? C’est la mésaventure ou plutôt l’injustice qu’a subi Mohamed Mimoune à Londres à l’issue de son combat face au nord irlandais Tyrone McKenna au mois de février dernier.

Plus qu’une simple rencontre en dix rounds, ce combat était une demi-finale du Golden Contract, un tournoi mis sur pieds par MTK Global qui était aussi promoteur du champion français. Le vainqueur de ce tournoi devant se voir offrir l’opportunité de boxer aux USA et propulser sa carrière à l’échelon mondial.

Conscient qu’il devrait en faire plus en boxant à l’étranger, Mohamed Mimoune avait laissé sa boxe de styliste au vestiaire pour marcher sur son adversaire, le touchant sous tous les angles pendant la majeure partie du combat. McKenna fut parfois à la limite de la rupture mais il tient bon jusqu’au coup de gong final. Bien lui en prit puisque les trois juges britanniques avaient visiblement désigné le vainqueur avant que le combat ne débute.

Surprise de l’année : Jeison Rosario vs Julian Williams

Inimaginable dénouement que celui du championnat unifié des poids super-welters qui a opposé en janvier, Julian Williams au quasi inconnu dominicain Jeison Rosario. Sept mois auparavant, Williams  avait causé la sensation en étant celui qui avait mis fin à l’invincibilité du « monstrueux » Jarett Hurd, Jeison Rosario ne semblait être qu’une étape avant un choc contre Jermell Charlo.

 Williams connait une première alerte en début de cinquième round suite à une série de coups, le champion est bousculé, il chute au sol mais l’arbitre ne le compte pas, le challenger parvient à fixer Williams dans un coin, il le touche avec un superbe uppercut, il enchaîne avec un crochet gauche à la mâchoire. Williams est à la dérive et quasiment KO debout, ce qui n’échappe pas à l’arbitre qui s’interpose pour mettre fin aux débats.  La victoire du Dominicain fut incontestable et spectaculaire  Jour sans pour Williams ou état de grâce pour Rosario ? Quoi qu’il en soit, les deux hommes ont tout perdu en 2020. Williams ses rêves de grandeur  et Rosario ses titres fraichement acquis puisque Jermell Charlo l’a battu par KO huit mois plus tard.

 

Révélation de l’année : Justis Huni 

Un vent de fraîcheur souffle sur la boxe poids lourd ! Certes, il est encore bien trop tôt pour savoir si l’Australien sera en mesure de confirmer tous les espoirs placé en lui, mais quel joie de voir un homme de près de 110 kg boxer avec une telle aisance, usant de combinaisons précises et explosives !

Pour ses débuts chez les professionnels, Huni, n’a pas fait dans la dentelle en combattant deux fois pour le titre Australien face à de solides opposants venus pour gagner, dont Arsene Fokou médaillé de bronze au championnat du monde amateur 2017.

Après ces deux belles victoires acquises avant la limite, Huni a tapé dans l’oeil de la rédaction. A seulement 21 ans, celui qui a déjà décroché le bronze aux championnats du monde de 2019 et rêve d’or aux prochains Jeux mérite assurément d’être suivi.

Une mention en qualité d’espoirs, pour l’Américain Jared Anderson, un autre jeune (21 ans)  poids lourd représentant l’avenir de la catégorie et une autre pour son compatriote Gary Antuanne Russel, un talentueux poids super-légers aux 13 Kos en autant de combats !

Coup de cœur de l’année  : Roman Gonzalez

Quelle joie de retrouver le légendaire Nicaraguayen au sommet ! Le chouchou de la rédaction est une nouvelle fois désigné comme notre coup de cœur. Il faut dire que Chocolatito a signé deux performances remarquables en cette année 2020.

C’est tout d’abord le Britannique Khalid Yafai qui a fait les frais du retour de Gonzalez au plus haut niveau, devant s’incliner au neuvième round à la suite d’un gauche-droite magistral et cédant son titre WBA des poids super-mouches par la même occasion.

Ensuite, le solide mexicain Israel Gonzalez a livré une belle prestation mais a dû se contenter d’une nette défaite aux points face au champion, tout simplement inarrêtable ce soir là.

Toujours aussi humble et respectueux de ses adversaires, Roman Gonzalez est un ambassadeur de rêve pour le noble art. Un immense défi l’attend le 13 mars prochain,  la revanche tant attendue depuis 2012 face au  grand Juan Francisco Estrada, détenteur du titre WBC.

 

Le flop de l’année : La WBC 

Alors que tous les observateurs s’accordent à dire qu’une réduction du nombre de catégories serait plus que souhaitable, le World Boxing Council nous émerveille avec la création d’une dix-huitième catégorie située entre les lourds-légers et les lourds (soit entre 90,718 et 101,605 kg).

Baptisée « Bridgerweight » en hommage à Bridger Walker, un garçon de six ans qui a secouru sa sœur au péril de sa vie lors de l’attaque d’un chien, cette nouvelle division dont l’intérêt sportif semble limité permettra avant tout de faire rentrer un peu d’argent dans les caisses. Nul doute que les autres fédérations majeures devraient suivre le mouvement dans quelque de temps.

Autre moment peu glorieux de cette année 2020, la ridicule décision prise à l’aide de la vidéo lors du deuxième combat entre Joshua Franco et Andrew Moloney.

Alors que l’arbitre Russel Mora avait semble-t-il fait une erreur d’appréciation en estimant que la coupure subie par Franco était due à un choc de tête et non un coup, il aura fallu près d’une heure d’atermoiement à grand renfort de ralentis (qui indiquaient que la blessure n’avait pas été causée par un coup de tête) pour que le corps arbitral responsable de l’assistance vidéo valide le jugement de Mora, entraînant un no-contest.

Rageant pour Moloney qui avait remarquablement débuté et méritait la victoire. Un troisième combat a toute fois été ordonné par la WBA.

Clément ALQUIER et Michel BEUVILLE 

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