Top ten 2018

Nous vous présentons la vingt troisième édition du Top Ten NetBoxe*, réalisée avec le concours des correspondants NetBoxe et de la presse spécialisée. Comme les années précédentes, deux classements distincts ont été réalisés : le Top Ten « Monde » et le Top Ten « France ».

Un ovni de la boxe venu d’Ukraine en chasse un autre, Oleksandr Usyk est notre lauréat 2018. Il succède à Vasyl Lomachenko qui prend la seconde place. Usyk figurait en 7e place dans notre Top Ten 2017, cette année c’est un plébiscite en sa faveur. Le lourd-léger a réalisé une année extraordinaire qui s’est soldée par un exploit historique : devenir le 3e boxeur de l’histoire à unifier les quatre ceintures majeures ** pour décrocher un titre mondial. Si l’on ajoute qu’Usyk est celui qui comptait le moins de combats pros au moment de l’unification, on mesure la dimension de sa performance. Oleksandr Usyk a rejoint le monde professionnel en 2013 et il n’a cessé de progresser et d’étonner pour être aujourd’hui reconnu comme le meilleur boxeur du monde, toutes catégories de poids confondues. Virevoltant comme un poids légers, celui qui a été formé à l’école d’Anatoly Lomachenko, s’est montré intraitable face aux meilleurs poids lourd-légers de la planète pour remporter le 1er ALI Trophy. Seul le Letton Mairis Briedis a pu l’accrocher en faisant valoir son expérience et sa boxe qui fut à la limite de la régularité. En finale, le redoutable invaincu Murat Gassiev, fut totalement médusé par la vista et la variété d’un Usyk au sommet de son art. Olksandr Usyk a défendu victorieusement son titre de champion du monde face à l’Anglais Tony Bellew qu’il a magistralement mis KO. Déterminé à marquer durablement l’histoire du Noble Art, Usyk devrait rejoindre la catégorie reine. Parions que le génial ukrainien imposera son talent à des hommes supposés plus forts pour écrire une nouvelle page de son histoire.

Vayl Lomachenko est second, seuls les exploits d’Usyk ont pu empêcher que le phénomène ne conserve son trône. Deux combats en 2018 et deux nouvelles ceintures dans une nouvelle catégorie. Plumes, super-plumes et maintenant poids légers, Lomachenko est toujours irrésistible. Jorge Linares a pu espérer le temps d’un knock down et Jose Pedraza entretenait peut être le maigre espoir que « Nomaschenko » ne soit pas tout à fait remis d’une opération à l’épaule mais au final les deux rivaux du prodige ont été impuissants et surclassés. Les opposants prestigieux vont devenir compliqués à trouver pour Lomachenko, Mikey Garcia s’est lancé un loufoque pari en allant défier Errol Spence Jr deux catégories au dessus et Gervonta Davis reste en super-plume où il sera opposé à Abner Mares. La catégorie des poids légers est désertée et les meilleurs poids super-légers sont en lice au Tournoi WBSS. Le premier semestre 2019 de Lomachenko pourrait être compliqué, faute de défis à la hauteur du talent de ce phénomène de la boxe.

Saul Alvarez complète notre podium avec un nombre de votes assez surprenant. Canelo jouit indéniablement d’une aura dans le monde du noble art car son année 2018 fut entachée par un contrôle anti dopage positif et une victoire devant GGG qui a déclenché les passions auprès des fans de boxe du monde entier. Saul Alvarez conclut l’année par une convaincante performance face au poids super moyen Anglais Rocky Fielding détenteur d’une ceinture WBA. Saul Alvarez fait partie de ces champions qui suscitent autant l’admiration de ses fans que l’aversion de ses opposants qui le catalogue comme le protégé de Golden Boy Promotions et des instances de la boxe mondiale.

Saul Alvarez a toutefois réalisé une magnifique prestation devant Gennady Golovkin, il a rendu coups pour coups au Kazakh qui fût obligé de reculer. Alvarez avait abordé le 1er combat en misant sur la mobilité et le refus de l’affrontement direct, lors de la revanche, il défia Golovkin sur son terrain de prédilection pour le détrôner. L’année 2018 de Canelo se termine fastueusement avec la conclusion d’un contrat record avec la plate forme DAZN et une victoire avant la limite dans la catégorie supérieure. Nous pourrions assister à un Alvarez vs Golovkin III en 2019…

Terence Crawford qui fut notre lauréat prend la 4e place de ce Top Ten 2018. L’invaincu Américain est monté en poids welters où il a décroché le titre WBO devant l’Australien Jeff Horn avant de le défendre victorieusement face à son compatriote José Benavidez Jr, ces deux victoires ont été obtenues avant la limite. Lors de ces deux combats, Crawford a montré qu’il n’avait rien perdu de ses qualités en prenant quelques Kgs.

Il reste au pied  du podium car les observateurs devaient attendre que ce champion hors normes soit opposé aux cracks de la catégorie; les Shawn Porter, Keith Thurman et surtout Errol Spence Jr. « Bud » Crawford sera encore l’un des boxeurs phare en 2019, nous espérons la concrétisation d’une réunification de cette catégorie.

Il semble loin le temps où le champion du monde des poids lourds était le leader de la boxe mondiale, Anthony Joshua pointe à la 5e place alors qu’il survole la catégorie. Deux championnats du monde victorieux dans des stades bourrés avec des audiences dans le monde entier et pourtant AJ peine à séduire notre pointu jury. Là encore, la valeur de Joshua n’est pas remise en question mais les combats qui ne se font pas nuisent à l’avènement de l’Anglais. Joshua détient trois titres, l’Américain Deontay Wilder en détient un, ces deux boxeurs doivent s’affronter mais cela ne se fait pas. Qui est le meilleur, le doute subsiste et dans l’esprit des membres de notre jury, seul le meilleur est couronné n°1 du Top Ten. Joshua a battu Parker à l’issue d’un combat sans émotions et il lui a chipé son titre.

En s ‘imposant avec la manière devant Povetkin, AJ a redoré son blason, gageons que si l’année prochaine il s’offre Dontay Wilder ou le revenant Tyson Fury, il ne sera pas loin de la première place.

La seconde partie du classement comprend cinq champions mondiaux dont quatre sont invaincus.

L’exceptionnel Mikey Garcia  a ajouté une nouvelle ceinture à son palmarès en détrônant Robert Easter Jr de son titre IBF des poids légers. Las d’attendre un combat face à Lomachenko, Mikey combattra devant Errol Spence Jr deux catégories au dessus et à qui il rendra plusieurs cms et Kgs.

Jarett Hurd  s’impose comme le meilleur poids super-welters au monde . Difficile vainqueur du Cubain E. Lara, Hurd a fini l’année en mettant KO le vaillant Jason Welborn. Une unification avec Tony Harisson et Jaime Munguia apparaît possible.

Wisaksil Wangek est 8e, il a défendu victorieusement son titre devant l’excellent J. F. Estrada en début d’année puis une seconde fois où il a largement battu aux points le Mexicain Iran Diaz.

Callum Smith  s’est adjugé le ALI Trophy des poids super-moyens en mettant KO son compatriote Georges Groves. A 28 ans, Callum Smith s’annonce comme le renouveau de la catégorie.

Naoya Inoue clôt notre classement, le Japonais de 54 kgs est peut être le plus terrifiant frappeur de la boxe. Deux combats contre deux ex champions du monde en 2018 et deux KO en moins d’un round réussis par « Monster » Inoue. Le nippon fait figure d’épouvantail dans le tournoi WBSS des poids coqs. Parions de le voir figurer en bonne place dans le Top Ten 2019.

L’édition 2018 consacre Arsen Goulamirian et comme au niveau mondial, c’est un véritable plébiscite en faveur du poids lourd-léger d’origine arménienne. Goulamirian a franchi un palier en 2018 avec l’obtention d’une ceinture WBA interim, rebaptisée Gold depuis peu par la doyenne des fédérations dites mondiales. A. Goulamirian a battu le très bon belge Ryad Merhy puis l’Australien Mark Flannagan avant la limite. Gros travailleur et déterminé à s’imposer au plus haut niveau, rien ne semble pouvoir freiner son ascension vers les sommets. Le combat contre Merhy a montré qu’Arsen Goulamirian frappe fort, encaisse et qu’il continue de progresser techniquement. Oleksandr Usyk devrait monter en poids lourds et donc laisser ses ceintures, Arsen Goulamirian pourrait alors rencontrer Beibut Shumenov, actuel champion régulier, pour un véritable titre mondial WBA. Au delà de la ceinture, Arsen Goulamirian fait désormais partie du gotha mondial de la catégorie des poids lourd-légers et il nous semble que ce n’est qu’une étape, Arsen peut être le véritable successeur d’un certain Jean Marc Mormeck.

Michel Soro vient en second après une année sans fautes, conclue par une victoire express et pleine de panache face à l’Américain G.Vendetti. Michel Soro retrouve une ceinture WBA qui le relancera vers les sommets. Greg Vendetti n’a pas existé devant le punch du Français et un doute subsiste : Vendetti était-il au niveau ou Soro était-il trop fort ? Peu importe, Michel Soro avait un rival à battre et il l’a balayé avec la manière. Le gentil et attentiste Soro était resté au vestiaire et on a eu droit à un Soro agressif, opportuniste et déterminé. Les crochets gauches et la double droites reçus par l’américain étaient si précis et si puissants qu’ils auraient mis KO n’importe quel autre super-welter. Une revanche avec Brian Castano s’annonce et ce Soro là sera favori pour remettre les compteurs à zéro entre les deux champions. Au delà des victoires de Goulamirian et de Soro c’est aussi Sébastien Acariès qui triomphe, ses deux boxeurs sont les meilleurs de cette année 2018.

Mohamed Mimoune complète le podium, s’il recule d’une place c’est dû aux performances des deux premiers. Après une magnifique année 2017, The Problem a fait le choix de descendre en poids super-légers, une catégorie plus en rapport avec sa morphologie, le moins que l’on puisse dire c’est que le pari est réussi avec mention. Mimoune a conquis un titre IBO contre un invaincu Argentin malheureusement peu connu, puis il a donné un récital face au très bon Franck Petitjean qui n’a rien pu faire face à la classe du toulousain. Mohamed mérite maintenant de belles opportunités au plus haut niveau international, 2019 pourrait être l’année Mimoune.

Maïva Hamadouche se classe 4e, la boxe féminine ne convainc toujours pas notre jury malgré le fait que M. Hamadouche soit la seule pugiliste tricolore à détenir un titre mondial. Trois combats pour Maïva en 2018 pour autant de victoires. Dix rounds infernaux contre Myriam Dellal puis cinq rounds à couper le souffle face à la suissesse Viviane Obeneauf pour deux défenses victorieuses de son titre IBF des poids super-plumes, ont été les faits marquants pour Hamadouche en 2018.

Christian Mbili arrive sur le devant de la scène, le jeune boxeur bouscule tout sur son passage : 13 victoires, 13 KO dont 6 réussis cette année ! 16 rounds en 6 combats soit une moyenne d’un peu plus de 2,5 rounds par combat ! Champion WBC jeune, on aimerait voir  » Solide » tenter un titre national avant de s’envoler vers les cimes internationales qui lui semblent promises. Marc Ramsay ne tarit pas d’éloges sur son poulain, l’affaire semble bien embarquée.

Guillaume Frenois est une nouvelle fois placé dans notre Top Ten, ce qui montre sa régularité au plus haut niveau depuis des années. Une victoire avec autorité devant M. Dufek et un match nul controversé et lourd de conséquences, concédé à l’irlandais Jono Caroll. Officielle éliminatoire mondiale ce match nul privera probablement Frenois d’une opportunité de premier plan. Eddie Hearn a eu des mots réjouissants pour Gui-Gui, celui-ci attend maintenant les actes du patron de Matchroom.

Souleymane Cissokho pointe à la 7e place et c’est un peu la surprise 2018 de ce Top Ten. Trois combats pour trois victoires en 2018 et surtout pas un seul round de perdu devant d’ expérimentés boxeurs de valeur internationale. Les spécialistes de boxe du pays récompensent la classe d’un artiste du ring promis au plus bel avenir.

Yvan Mendy est déclaré perdant pour son seul combat de 2018 mais notre jury a tenu compte du contexte. Jordy Weis champion de l’Union européenne des poids welters se classe 9e . Georges Ory qui a décroché en 2018 les titres de champion de l’union européenne puis d’Europe des poids coqs clôt ce Top Ten France.

 

* Pour des raisons d’organisation, la clôture de nos votes a eu lieu le 20 décembre. Les performances de Hassan N’Dam et de Josh Warrington n’ont donc pas été prises en compte par les membres de notre jury.

** Jermain Taylor a également détenu les quatre ceintures mondiales mais il les avait acquises en détrônant Bernard Hopkins.

 

Michel BEUVILLE

 

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