Ségolène LEFEBVRE : « Mes objectifs ne changent pas »

Le confinement et la période de post-confinement a lourdement bousculé les agendas sportifs. Si les feux médiatiques sont tournés vers le championnat de ligue 1, notamment en raison du débat lancé par Jean-Michel AULAS, la boxe n’a pas échappé à la règle. Ségolène LEFEBVRE (13 V, 1 KO) devait, ce printemps, disputer un championnat du Monde WBC. La consécration suprême devra malheureusement attendre pour celle qui compte six titres WBF ainsi qu’un titre IBO et qui est actuellement classée n°7 par BOXREC. Alors que les portes des salles de boxes se réouvrent doucement, Netboxe a pu échanger avec la boxeuse.

NB : Bonjour Ségolène, tout d’abord comment vas-tu ?

SL : Ça va, il n’y a pas eu de malades dans mon entourage proche et je n’ai moi-même pas été malade. La période a tout de même été compliquée, je devais boxer le 18 avril, je me préparais depuis janvier et j’ai du tout arrêter. Je me suis entretenue depuis. Pour le reste, j’ai fait comme tout le monde j’ai attendu que l’épidémie se calme.

NB : Tu avais un championnat du Monde WBC de prévu d’abord le 18 avril, reporté une première fois au 30 mai, puis reporté sine die, où cela en est ?

SL : On ne sait pas pour le moment. Tout a été bousculé par l’épidémie. Dans un premier temps je devais faire un combat contre la championne en titre, Yamelth MERCADO (15 V 2D 4 Ko), mais elle avait déjà signé pour un rematch contre l’ancienne championne Fatuma ZARIKA (32 V, 13 D, 13 Ko). On m’a alors proposé la ceinture WBC Silver. Mais la championne Silver est Fan YIN (9V, 2 Ko), une chinoise. L’épidémie était alors sévère là-bas, mon promoteur MTK global n’a pas voulu prendre de risques et nous avons refusé. Ensuite on m’a proposé la ceinture internationale et finalement tout a été arrêté.

NB : Où en étais tu dans ta préparation ?

SL : J’étais vraiment bien avancée. Au mois de mars je n’avais plus qu’un kilo à perdre, je me sentais prête. Il n’y avait que quelques réglages à travailler. Suite au premier report je me suis relâchée un peu, pour réajuster et éviter une préparation trop longue. Lorsqu’on a appris que c’était annulé, je me suis entretenue au sac, au shadow, à la course, j’ai même pris quelques jours de repos.

NB : Comment as-tu vécu cette annulation et cette période de confinement ?

SL : Plusieurs sentiments me sont passés par l’esprit, il fallait accepter il n’y avait pas le choix mais les deux/trois premières semaines ont été difficiles. J’ai ressenti beaucoup de frustration, de la déception mais il n’y avait rien à faire. On pense à ce championnat pendant des mois, tout s’arrête et on se retrouve impuissant.

NB : Quand vas-tu pouvoir reboxer ?

SL : On pense faire un gala à huis-clos car je risque de me retrouver un an sans boxer et c’est trop. Avec la fermeture des frontières on verra ce qu’on va pouvoir faire, peut être un combat franco-français sans titre en jeu. Le tout est de ne pas perdre le rythme.

NB : Et finalement ce championnat du monde WBC ?

SL : Je le garde en tête, mes objectifs ne changent pas.

Ségolène Lefebvre lors de sa prise de titre IBO contre Soledad Griffa en 2019

NB : Y a-t-il des « noms » que tu souhaiterais rencontrer, il y a notamment une excellente boxeuse dans ta catégorie, l’argentine ACUNA* ?

SL : ACUNA est la numéro 1 dans ma catégorie, je suis d’ailleurs sa chalengeuse officielle IBF. Mon entourage est entré en contact avec le sien. Elle a refusé la confrontation et réclamait notamment beaucoup d’argent. Rencontrer une championne comme elle ce serait énorme, elle a un palmarès impressionnant et a rencontré les meilleures de la catégorie. Après pour le titre je prendrai celle que je dois prendre, ce n’est pas moi qui choisis.

NB : As-tu pu reprendre l’entrainement depuis la fin du confinement ?

SL : La salle a réouvert sur autorisation de la Mairie seulement pour les professionnels. Les critères d’utilisation sont stricts, nous devons maintenir une distance, laisser un sac d’écart et ne faisons pas de mises de gants. Même si c’est limité comme entrainement mes sensations étaient bonnes.

NB : Pour parler d’autres choses, Arnaud ROMERA est licencié dans ton club, regrettes-tu son départ de la tête de la ligue professionnelle ?

SL : Je n’ai pas forcément d’avis sur la question et je n’ai pas à juger son départ. Je pense qu’il a fait du bon travail mais s’il part c’est qu’il a ses raisons.

NB : As-tu des craintes pour l’avenir de la boxe professionnelle au regard de l’arrêt des galas ?

SL : Pour ceux qui vivent de la boxe professionnelle, même s’ils ne sont pas nombreux, je pense que ça doit être compliqué et qu’ils risquent de se retrouver dans la précarité. Nous les boxeurs professionnels, nous faisons vivre la boxe en France, nous donnons du spectacle et cette saison nous avons payé nos cotisations et nos examens pour rien. J’espère un geste de la part de la fédération l’année prochaine et la mise en place d’aides.

Charles MERLEN, Douai

* Marcela Eliana ACUNA (49V, 7D, 2 20Ko), actuellement porteuse de la ceinture IBF, est une boxeuse argentine ayant remporté une vingtaine de championnats du Monde dans les quatre fédérations majeures.

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