Les Tops et les Flops 2019

De magnifiques événements de boxe ont eu lieu lors de cette année 2019, de grands combats, une surprise monumentale avec la chute d’AJ le roi des poids lourds, des KOs, des déceptions et des confirmations… Netboxe.com revient sur les moments majeurs d’une année 2019 riche en émotions.

Boxeur de l’année : Saul Alvarez 

Le Mexicain, lauréat du Top Ten Netboxe 2019, est incontestablement devenu la superstar de la boxe mondiale en 2019, la chute d’Anthony Joshua a favorisé l’accession de Canelo à ce statut de leader. Fin 2018, Alvarez a signé un mirobolant contrat avec la plateforme DAZN pour un montant de 365 millions de dollars et 11 combats.

Si le produit Saul Alvarez a gagné le jackpot, Canelo le champion a assuré sur le ring en défendant victorieusement son titre de champion du monde WBA/WBC/IBF des poids  moyens face à l’Américain Daniel Jacobs. Encore un combat accroché pour le Mexicain qui ne s’est imposé qu’aux points devant un Jacobs trop peu entreprenant.  La suite logique aurait due être un combat de réunification contre l’Américain Demetrius Andrade mais Alvarez a pris tout le monde à contre pieds en défiant le Russe Sergey Kovalev champion WBO des poids mi-lourds. Canelo a mis KO le Russe dans un combat tactique où il aura su attendre l’ouverture.

A l’instar de Floyd Mayweather, Saul « Canelo » Alvarez  divise les fans, les inconditionnels louent son charisme et ses qualités de battant pendant que les plus septiques le qualifie de champion du business et des défis choisis. A 29 ans et trois titres dans trois catégories de poids, dans quelle division de poids se situera l’avenir d’Alvarez ? Les derniers échos laissent supposer qu’il se fixera en super-moyens avec une première rencontre en 2020 face à Billy Joe Saunders l’invaincu champion WBO. Rappelons qu’Alvarez avait terminé l’année 2018 en détrônant l’Anglais Rocky Fielding de sa ceinture WBA Régulier des poids super-moyens.

 

Combat de l’année : Naoya Inoue vs Nonito Donaire

La finale des World Boxing Super Series version coqs fut l’écrin d’un combat d’anthologie entre la terreur japonaise Naoya Inoue (champion IBF) et l’illustre philippin Nonito Donaire (champion WBA).

Le spectacle de ces incroyables frappeurs (tous deux anciens lauréats du KO de l’année)  se rendant coups pour coups fut saisissant et les douze rounds défilèrent à toute vitesse. Inoue aurait peut être pu s’imposer avant la limite si l’arbitre Ernie Sharif ne s’était pas interposé avant que Donaire ne finisse par aller au tapis à la suite d’un crochet gauche au foie mais qu’importe, la décision unanime en sa faveur rendait justice à ses deux immense champions qui entraient encore un peu plus dans la légende.

La splendide bataille entre les Américains Errol Spence et Shawn Porter pour les titres IBF et WBC des poids welters aura également marqué les esprits.

 

KO de l’année : Devin Haney vs Antonio Moran

Le KO de l’année revient au prodige Devin Haney. Du haut de ses vingt-et-un ans, “The Dream” fait déjà preuve d’une maturité invraisemblable et a signé quatre victoires en 2019. Celle contre le Mexicain Antonio Moran restera dans les mémoires tant la conclusion fut belle et brutale. Alors que son adversaire était acculé dans un coin, Haney arma un surpuissant cross du droit qui vint violemment s’écraser sur la machoire de Moran, le laissant KO pour plus que le compte. Monumental !

Les victoires de Deontay Wilder contre Dominic Breazeale et Luis Ortiz se sont également soldées par des KO sensationnels.

 

Vol de l’année : Callum Smith vs John Ryder

Comme chaque année, la boxe ne nous a pas épargné son lot de décisions incompréhensibles. Convaincant depuis sa montée en super-moyen, le Britannique John Ryder semblait en avoir fait bien assez pour déposséder son compatriote Callum Smith de sa ceinture WBA grâce une deuxième partie de combat nettement dominée. Après ces douze reprises au cours desquelles il fut absolument méconnaissable, c’est pourtant le champion qui conserva son titre à la stupeur de nombre d’observateurs, et ce par une large décision unanime sur des scores ahurissants de 117-111 et deux fois 116-112 en sa faveur !

On regrettera également la décision maison dont fut victime notre compatriote Olivier Vautrain devant Yury Kashinsky en Russie après une performance de grande qualité.

 

Surprise de l’année : Andy Ruiz vs Anthony Joshua I

Pour la surprise de l’année, nous ne pouvions faire autrement que de nous tourner vers le premier combat entre Anthony Joshua et Andy Ruiz, même si la défaite du double champion Olympique Robeisy Ramirez pour ses débuts professionnels ou encore la victoire d’Andrew Cancio sur Alberto Machado avaient également compté en 2019. Aucun combat ne put cependant captiver l’imaginaire du grand public et des médias comme ce spectaculaire choc dans la catégorie reine.

La généreuse bedaine de Ruiz avait quelque peu occulté ses capacités pugilistiques et on sait bien qu’en boxe tout peut basculer sur un coup, notamment chez les lourds. On peinait malgré tout à voir le sculptural Anthony Joshua perdre ses titres bien que son menton ait pu laisser entrevoir des signes de fragilité.

Le tournant du combat fut le troisième round épique au cours duquel Joshua envoya d’abord le challenger un terre d’un bon enchaînement avant que ce dernier inverse la vapeur avec deux knock-downs puis enfonce le clou au septième, devenant ainsi le premier champion d’origine mexicaine chez les lourds. Même si le Britannique a depuis prit sa revanche, cette victoire surprise de Ruiz restera sans doute le fait marquant de 2019.

 

Révélation de l’année : Sadriddin Akhmedov

Le jeune super-welter Kazakh a confirmé au Canada tous les espoirs placés en lui. Akhmedov champion du monde junior 2016 à 18 ans faisait déjà partie des meilleurs 69 kgs mondiaux dans les rangs amateurs. Barré en équipe nationale senior par Daniyar Yeleussinov qui deviendra champion olympique à Rio, S. Akhmedov est passé professionnel en 2018 après 251 combats pour 241 victoires et 10 défaites. Eye of the Tiger Management la société de Camille Estephan basée au Canada qui possède déjà les Kazakhs Nurzat Sabirov et Batyr Jukembaev, a su se montrer convaincant pour faire signer le convoité Akhmedov.

Après un début compliqué pour cause de mésentente entre l’entraîneur S. Larouche, qui avait les faveurs du boxeur, et EOTTM, le jeune Kazakh est désormais entraîné par Marc Ramsay. Doté d’une technique de haut niveau, Sadriddin Akhmedov possède un punch hors normes. Ramsay, qui ne tarit pas d’éloges sur le prodige, prédit que son poulain sera champion du monde de la catégorie dans quelques années. Après onze combats tous remportés dont dix avant la limite en moins de deux ans, le tableau de marche du Kazakh impressionne.

 

Coup de cœur de l’année  : Des Français performants !

La boxe pro tricolore est revenue sur le devant de la scène internationale en 2019 avec trois champions du monde, deux champions Gold WBA et deux champions d’Europe.

Nordine Oubaali a ouvert la voie en allant conquérir à Las Végas le titre de champion du monde WBC des poids coqs devant le redoutable Américain Rau’shee Warren. Le Français a confirmé et s’est affirmé comme l’un des pugilistes les plus en vue au monde en défendant victorieusement deux fois son prestigieux titre. Seul bémol à ce remarquable parcours : l’absence d’un grand média tricolore pouvant apporter encore plus de reconnaissance au meilleur boxeur Français toutes catégories de poids confondues. Maïva Hamadouche a conservé son titre IBF des poids super-plumes, elle est la meilleure au monde à ce poids. Arsen Goulamirian est devenu super champion WBA des poids lourd-légers, il fait incontestablement partie des trois meilleurs mondiaux. Michel Soro est au sommet de son art, champion WBA Gold des poids super-welters, il devrait rencontrer le Cubain Lara en 2020 avec de grandes chances de victoires. Pour Yvan Mendy ce sera plus compliqué, il est devenu champion WBA Gold des poids légers mais un certain V. Lomachenko est au pouvoir dans cette catégorie et les jeunes de talent sont nombreux. La trop peu médiatisée mais talentueuse Segoléne Lefebvre s’est adjugée une seconde ceinture en 2019, la Nordiste est 3éme mondiale des poids super-coqs. Samir Ziani et Karim Guerfi sont champions d’Europe, Hervé Lofidi, Kevin Lele Sadjo, Hervé Lofidi et Matthieu Bauderlique font partie de cette boxe pro qui gagne à nouveau… Louis Kaway Toutin, Gustave Tamba, Souleymane Cissokho et Dylan Charrat arrivent à maturité, 2020 leur appartient.

Les bijoux de la vitrine sont magnifiques et l’avenir s’annonce palpitant avec de talentueux espoirs tels que Chris Esabe, champion de France pro à seulement 18 ans, du jamais vu depuis G.Carpentier. Le travail de la ligue  de boxe professionnelle  emmenée par Arnaud Romera porte ses fruits avec +15% de licenciés pros par rapport à 2019, la boxe féminine connaît un essor sans précédent avec une augmentation de 45% de licenciées ! L’activité est en hausse avec 40 championnats de France pros organisés en 2019, Plus qu’une embellie, il s’agit bel et bien d’une croissance record.  Seule ombre au tableau, Tony Yoka, la super star de la boxe Française ne joue toujours pas le rôle de locomotive que l’on attendait. Deux combats expédiés contre des rivaux battus d’avance pour une nouvelle année bâclée. Le poids lourd de la boxe Française est un poids coq, un comble quand on dispose d’un champion olympique et du monde de la catégorie reine au pays.

Le flop de l’année : Mairis Briedis vs Krystof Glowacki

La demi-finale de la deuxième édition des WBSS version lourds-légers fut le théâtre d’un affligeant spectacle entre les pourtant expérimentés Mairis Briedis et Krystof Glowacki alors champion WBO. Voici ce que nous avions écrit au moment des faits : “ L’arbitre Robert Byrd perdit totalement la maitrise des débats au deuxieme round lorsqu’à la suite d’un coup derrière la tête, Briedis décida de se faire justice lui même d’un coup de coude ravageur qui fit s’effondrer le Polonais. On aurait logiquement pu s’attendre à une disqualification mais Byrd enjoignit à Glowacki de se relever rapidement et se contenta de pénaliser le Letton d’un point.

Peu de temps après la reprise des hostilités, Briedis réussit un knock-down alors que cette deuxième reprise insensée touchait à sa fin (croyait-on). Car les deux hommes continuèrent d’échanger furieusement après la cloche, et le Polonais se retrouva à nouveau à terre et compté, invraisemblable ! Byrd, totalement hors du coup, signifa même la fin du combat dans la foulée avant de se raviser et c’est finalement dès le début de la troisième reprise que Briedis mit un terme à la rencontre à l’aide d’une puissante série de coups du bras arrière.

Depuis la WBO a ordonné une revanche entre les deux hommes, ce que Briedis a refusé pour privilégier la finale du tournoi contre le champion IBF Dorticos. Glowacki devrait désormais disputer le titre vacant au Britannique Okolie. A noter que le résultat du combat (victoire par KO technique de Brieidis) n’a pas été modifié.


Enfin l’équipe de NetBoxe souhaite rendre hommage aux boxeurs tragiquement disparus cette année dans l’exercice de leur fonction : Maxim Dadashev, Hugo Santillan, Boris Stanchov, Patrick Day et Dwight Ritchie, ainsi qu’à toutes celles et ceux qui risquent leurs vies sur le ring.

Clément ALQUIER et Michel BEUVILLE 

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