Dylan Bregeon : « J’avais l’impression d’avoir gagné à Levallois »

Vendredi soir, le HBC Nantes, en partenariat avec Europrom/Gérard Teysseron organise un grand événement de boxe avec pas moins de deux championnats de France professionnels et quatre autres combats pros. Le championnat de France féminin des poids coq opposera Elodie Bouchlaka à la sociétaire de l’ANBF coachée par Alban Georget. La tête d’affiche de ce grand gala Nantais sera constituée par le championnat de France des poids lourds-légers qui mettra aux prises Dylan Bregeon à Siril Makiadi. Le titre est vacant puisque les deux hommes se sont quittés sur un score de parité il y a deux mois . Pour de nombreux observateurs, le jeune Bregeon semblait l’avoir emporté, il sera donc légèrement favori pour s’imposer devant ses supporters dans ce championnat revanche. A quelques jours de l’événement Dylan Bregeon nous a accordé un entretien. 

PS: Depuis la parution de cet entretien, Siril Makiadi a été contraint de déclarer forfait, vous trouverez plus de détails en consultant l’article suivant:  Olivier Vautrain remplacera Siril Makiadi  

NB: Comment vous sentez vous ?

Très bien et j’ai hâte d’y être, physiquement je suis bien, nous avons continuer de bosser après le précédent championnat. Je partais un peu dans l’inconnu avec les dix rounds et on a vu que je tenais la distance même si ce fut dur par instants. On a travaillé en conséquence donc cela devrait être encore meilleur.

NB: Avec qui vous êtes vous préparé ?

Avec beaucoup de boxeurs amateurs de la région, notamment Brice Clavier qui est un ami et qui vient régulièrement. Nous sommes allés à Chateauroux mettre les gants avec Thomas Faure qui prépare son championnat de France des poids mi-lourds qui aura lieu le lendemain du mien, le 1er février. Thomas est un mi-lourd mais il est grand, quasiment de ma taille. Mon entraînement est assuré par Alban Georget que vous connaissez bien. En terme de connaissance tactique, de connaissance tout court, c’est une encyclopédie du noble art. Alban est un scientifique, il connaît tout sur tout, il passe des heures et des heures à disséquer, à analyser pour mettre au point les détails qui vont faire la différence. Alban filme toutes les séances de sparring, il scrute le moindre détail… J’ai côtoyé de grands entraîneurs en Équipe de France, aucun ne possède sa science de la technique, du geste parfait. Alban c’est la valeur ajoutée, l’indispensable !!

NB: Comment analysez vous la première confrontation avec Siril Makiabi ?

J’avais l’impression d’avoir gagné et en regardant à tête reposée ce championnat de France, il ne fait aucun doute dans mon esprit que j’étais vainqueur. Je pense avoir fait ce qu’il fallait, à part peut être avoir un peu trop accepté les corps à corps et encore je n’en suis pas convaincu. C’est justement dans cette position rapprochée que je le touche durement lors des trois derniers rounds et qu’il décline physiquement. La tactique que l’on avait mis en place avec Alban et qui consistait à imprimer mon propre rythme en imposant une cadence de coups était la bonne.

NB: Pensez vous avoir commis des erreurs ?

On peut toujours mieux faire mais je ne pense pas avoir commis trop d’erreurs. Nous nous sommes vus aprés le combat et vous avez pu constater que j’étais encore frais et pas marqué. Il aurait fallu gagner avant la limite pour qu’il n’y ait pas d’équivoque mais à part me poser davantage pour tenter de faire plus mal, j’ai mis du rythme et j’ai bien touché mais je dois pouvoir faire plus mal en me posant mieux sur mes appuis.

NB: Aurez vous la même stratégie pour cette revanche ?

Je ne vais changer ma boxe en deux mois mais bien sur que des détails ont été notés, on a travaillé dessus et préparé quelques trucs pour être plus performants.

NB: La frappe de Siril Makiabi semble redoutable.. .

Dés le début du combat, j’ai pris un coup sur le haut de la tête, je me suis dit qu’il fallait faire attention. En fait Siril frappe lourdement, cela ne va pas très vite mais ça frappe lourd, une frappe d’homme, d’athlète de prés de 40 ans.

NB: Vous avez 25 ans et une marge de progression conséquente, quel secteur aura votre priorité dans un proche avenir ?

Je vais disputer mon 12éme combat pro, l’objectif sera d’avoir une boxe plus professionnelle, c’est à dire boxer pour faire mal, apprendre à donner moins de coups mais les donner mieux en travaillant sur l’efficacité des frappes. Pour cela il va falloir que je continue à mieux me poser. Je pars encore trop dans des séries de cinq à six coups, ce qui explique certaines baisses de régime. Dans ces catégories de poids, on doit travailler sur la maturité physique. Je suis grand mais je suis assez léger, avec la charge d’entraînement, je suis à peine à 89 kgs, je dois prendre 2 ou 3 kgs de masse musculaire voire un peu plus pour frôler la limite et gagner en puissance. Au niveau international les boxeurs font du cutting, ils sont minimum à 95 kgs.

NB: Avez vous un modèle ?

Oleksandr Usyk est une source d’inspiration. Il a tout, il donne beaucoup de coups mais il arrive à faire mal, c’est lui qui imprime le rythme et quand on impose son rythme on fatigue moins que lorsque l’on subit les coups de l’adversaire. Usyk contrôle sa boxe et ses coups et quand il décide d’accélérer, bam boum… Sur deux coups il fait très mal. Je tente de m’inspirer de lui, pour moi c’est le meilleur, le Lomachenko des poids lourd-légers. Il est inspirant, sa simplicité hors du ring et son talent sont exemplaires, un très grand champion.

NB: Avez vous pensé à la suite en cas de victoire vendredi ?

C’est prématuré mais on a bien sur envisagé l’avenir. En cas de victoire, nous pensions à la perspective d’un championnat de l’union européenne, c’est une suite logique mais Olivier Vautrain est devant moi. On défendra le titre autrement.

NB: Vous parlez d’Olivier Vautrain, un éventuel championnat qui enflammerait la région, c’est possible ?

Pourquoi pas… On ne mets plus beaucoup les gants ensemble puisque l’on pourrait un jour se rencontrer. Mais un combat entre nous comme cela, sans enjeu n’est pas envisageable, c’est un bon pote et nous n’aurions rien à y gagner et cela m’embêterait. Pour un gros titre ou une grosse bourse, nous sommes professionnels et nous en discuterions. Mais nous n’en sommes pas là, attendons déjà de boxer Siril vendredi soir.

NB: La catégorie est fournie en France, un boxeur que aimeriez rencontrer ?

Au dessus de moi, il y a Hervé (Lofidi) et Arsen Goulamirian mais lui il y a un monde entre nous (rires) en admettant que j’arrive à faire carrière et que j’arrive un jour à ce niveau, je dis bien en admettant, le temps que j’y parvienne, il ne sera probablement plus en activité.

NB: Y. Kalenga pour un gros combat dans une grande soirée ?

Je dis banco, car Kalenga est un grand boxeur. Il a apporté de la boxe spectaculaire en France et cela reste un grand nom, une référence de la catégorie dans le pays. A vrai dire pourquoi pas, tout dépendrait de ce qu’il y aurait derrière. Après vous me connaissez un peu, ce n’est pas de la prétention, je suis droit dans mes bottes, c’est mon coté compétiteur qui me pousse à aller de l’avant . Avec l’Équipe de France j’ai été habitué à viser haut. Après je n’irais pas fanfaronner en disant que je vais le battre mais oui ce serait un beau challenge.

NB: Qu’est ce qui vous motive dans la boxe ?

Cela rejoint ce que je vous répondais précédemment, j’aime la boxe, j’aime combattre et je suis un compétiteur. Ma motivation est d’être confronté aux meilleurs , tenter de les battre pour devenir le meilleur.

NB: Combien de combats amateur avez vous disputé, vos plus grands titres ?

Quarante six combats amateurs, dont une vingtaine en équipe de France. J’ai fait une médaille d’argent aux championnats du monde Universitaires en 2016, je perds de justesse contre un Russe en finale ? J’ai été deux fois champion de France senior et une fois en junior.

NB: Vous aurez 29 ans en 2024 et les JO auront lieu à Paris, qu’en dites vous ?

Il est vrai que cela m’a manqué de ne pas faire les Jeux en 2016 mais ce fut un choix de ma part. Je ne voulais plus aller en stage à l’INSEP c’est ce qui m’a valu de ne pas disputer ma place face à Paul (Omba Biongolo). Ce n’est pas mon actualité mais quel compétiteur ne rêve pas de participer aux Jeux Olympiques ? La boxe pro sera-t-elle encore au programme ? En terme de plan de carrière ce ne serait pas forcément judicieux, passer des pros et douze rounds à trois, c’est compliqué mais en terme d’accomplissement sportif avec ce que représentent les jeux, ce serait l’apothéose. C’est encore loin tout cela.

NB:Le traditionnel mot de la fin…

Merci à vous, merci aux lecteurs qui consulteront cet article. Je suis un fidèle de votre site, je parcours régulièrement le forum et c’est un plaisir de lire les connaisseurs détailler les performances, de lire les critiques aussi, à partir du moment où elles sont constructives.

 

Michel BEUVILLE

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