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« ROCKY » CANCLAUX LIVRE SES VERITES
Christophe Canclaux (34 ans ; 45 combats, 41 victoires dont 26 par KO, 4 défaites) est un homme généreux sur le ring et en dehors du ring. Il est de ceux qui ne savent pas boxer dans l’économie. Véritable distributeur de crochets, Christophe a beaucoup donné comme il a beaucoup reçu. Mais à force de boxer à l’instinct, sans effectuer le moindre calcul, « Rocky » a vu ses rêves de gloires contrariés par des problèmes de poids. Pas étonnant dans ces conditions que Canclaux ait fini par se griller physiquement et passer à côté d’une carrière professionnelle que l’on annonçait pourtant plus radieuse. Pour l’azuréen, le réveil a été quelquefois douloureux. Son dernier combat face à l’ukrainien Roman Dzhuman (34 ans ; 33 combats, 24 victoires dont 11 par KO, 8 défaites, 1nul) en est l’exemple parfait. Stoppé lors de la cinquième reprise par l’arbitre alors que le français venait d’infliger 2 Knock down à son adversaire en début d’affrontement, Christophe justifia sa défaite par un soudain manque d’énergie. Cet épisode, Canclaux a encore du mal à le digérer. Son histoire d’amour avec la boxe ne doit pas se finir comme cela…
Parce qu’il est un Champion qui doit contrôler son destin sportif, parce que Christophe est un homme d’honneur, parce que c’est en parlant honnêtement qu’on tire expérience de ses aventures et parce qu’il reste à « Rocky » encore du temps pour nous prouver et pour se prouver qu’il est encore capable de boxer à 100%, que Canclaux a accepté de se livrer à Netboxe sans concession et sans hypocrisie pugilistique.
A cela nous te remercions Christophe, pour ta franchise, pour l’homme que tu es et parce que les valeurs de la boxe s’entretiennent grâce à des boxeurs comme toi.

NB : Comment vas-tu depuis ta défaite face à Dzhuman ? A quoi ressemble la vie de Christophe Canclaux aujourd’hui ?
CC : À vrai dire, j’ai eu pas mal de soucis de santé. Je me remets tout doucement d’un dérèglement de la glande thyroïde. Je subis actuellement une batterie de tests afin de déterminer mon grand coup de fatigue. J’ai par exemple réalisé cette semaine une radio des poumons et une échographie. Je tiens tout de même à vous rassurer, je vais de mieux en mieux. Je n’ai pas pour autant coupé avec la boxe, je continue à effectuer des entraînements courts.
NB : Ta défaite face à Roman Dzhuman a été une véritable surprise ! Que s’est-il passé exactement ?
CC : J’ai arrêté l’entraînement une semaine avant l’affrontement à cause de pépins de santé. Mais je ne voulais pas annuler ma confrontation, je tenais à respecter mon contrat et mes engagements. A cela il faut ajouter un gros problème de poids. J’avais 4,7 kg à perdre 24 h avant la pesée. Je bois en moyenne 3 à 4 litres d’eau par jour lors des dernières semaines qui précèdent un combat, or cette fois-ci j’ai dû m’abstenir de boire 24h avant la pesée pour perdre un maximum. J’étais totalement vidé, je n’avais plus d‘énergie ! En clair j’ai totalement sous-estimé mon état de santé, je n’ai pas d’excuses, mon adversaire a gagné. Pourtant Dzhuman ne frappe pas fort, il a dû véritablement me toucher que trois fois dans le combat, mais j’ai eu un gros coup de fatigue.
NB : Lors de tes derniers combats, tu affirmais souvent que tu n’étais qu’à 60, voire 70% de tes moyens. Est-ce par manque d’entraînements ?
CC : C’est surtout parce que je sous-estimais mon état de santé. Mes forces naturelles sont l’attaque et la contre attaque, donc malgré un manque d’énergie on se dit qu’un coup peut quand même passer.
NB : 2 défaites lors de tes 3 derniers matchs, certains se disent que tu devrais songer à la retraite. Qu’as-tu à répondre ?
CC : Que maintenant ça sera la santé avant tout pour être le mieux possible les jours de combat. De là à dire que je suis fini… Honnêtement cette situation me fait sourire puisque du jour au lendemain ceux qui refusaient de m’affronter se précipitent aujourd’hui pour me demander un combat. Quelque part ce mauvais passage va peut être provoquer un bel aboutissement.

NB : Quel est l’avenir de Canclaux ? Quels sont les défis qui t’excitent encore ?
CC : Je veux encore boxer tout en privilégiant ma santé car la boxe est pour moi un plaisir avant tout. Ce que je veux pour mon avenir c’est revenir à 100% pour faire un combat valable. On évoque déjà plusieurs possibilités, mais le plus important est de définir les conditions.
NB : Concrètement, on évoque par exemple un championnat de France contre Cédric Vitu ?
CC : Vitu est un combat valable. Je le boxe que si la santé va bien et que les conditions financières soient respectables. Maintenant il y a aussi d’autres possibilités, même sans titre en jeu. Et puis il faut attendre le mois de septembre avant de se décider car c’est là que la saison commence véritablement.
NB : Quand on observe ton parcours pugilistique, on se dit que ton surnom de « Rocky » est parfaitement adapté. Pourquoi « Rocky » ?
CC : C’est amusant parce qu’à l’origine mon surnom n’a aucun rapport avec le film. En fait à ma naissance, mes parents qui ont des origines françaises, espagnoles et italiennes ont fortement hésité à m’appeler Rocco. Plus tard mon cousin germain « Christophe » est décédé. Pour ne pas attrister ma mère qui avait une grande affection pour lui, mes proches ont commencé à me nommer naturellement « Rocky ». La notoriété du film a fait le reste et tout le monde s’accorde aujourd’hui à m’appeler « Rocky ».
NB : L’histoire voudrait que tu termines sur un titre alors que plus personne ne croit en toi ?
CC : (rires) Ouais ! C’est vrai, l’histoire est déjà écrite !
NB : Plus sérieusement, tu vas nous faire le plaisir de revenir afin de clore le chapitre à ta façon ?
CC : Je ne demande que cela : Terminer sur un dernier défi !
NB : Je voudrais revenir tout de même non pas sur l’accident de Levallois et cet arrêt de l’arbitre, mais sur l’incident : l’attitude surprenante du public. Pourquoi ces sifflets selon toi ?
CC : Sur le coup on a du mal à analyser l’attitude, on ne comprend pas pourquoi les français sifflent le français. Avec du recul on se dit que c’est peut-être de la frustration de me voir tomber alors que je dominais le combat. Honnêtement, je n’en veux à personne, c’était à moi de gagner l’affrontement et je l’ai perdu. Voilà, c’est cela qu’il faut retenir, je ne suis pas du genre à me trouver des excuses.
NB : Nicolas Riffard était ton entraîneur et ton homme de coin depuis de nombreuses années. Pourquoi cette soudaine séparation ?
CC : Parce qu’il faut accepter le changement pour se perfectionner. Je m’explique, Nicolas est plus un entraîneur de catégories lourdes. Ses exercices sont souvent basés sur un principe de puissance. J’avais tout simplement le sentiment d’avoir fait le tour, de vouloir faire évoluer ma boxe, il fallait donc que je change mes exercices. En tant que boxeur il est important de se voir évoluer, de changer ses entraînements. Bref, d’apprendre de nouveaux gestes !

NB : Que t’a enseigné la boxe en tant qu’homme ?
CC : La discipline ! Oui, la discipline ! C’est essentiel pour la vie de boxeur et pour la vie en dehors du ring.
NB : En tant que boxeur, comment vois-tu l’évolution de ta discipline ?
CC : La boxe se décline en France à cause d’un monopole qui a fait du mal à tous les boxeurs dits « professionnels ». J’ai le sentiment que les français délaissent de plus en plus notre sport en faveur du free fight. Maintenant, pour avoir boxé à l’étranger, il faut avoir conscience que ce n’est pas le cas dans tous les pays, au contraire même, notamment chez nos voisins allemands et anglais. Le problème supplémentaire, chez nous français, c’est que les médias se désintéressent totalement de la boxe. On en vient à être tributaire du soutien d’une ville pour parvenir à réaliser un grand championnat. C’est dommage car on a de bons boxeurs.
NB : Que te souhaiter de mieux pour la suite ?
CC : De boxer tout simplement. Il faut boxer souvent pour se prétendre boxeur professionnel.
Yoann Cousin, le 13 Juillet 2010
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