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BOUZIANE SANS DEMERITER
Malik Bouziane (13-1-1, 1 KO) hoche la tête de droite à gauche comme incrédule à l’énoncé du verdict des trois juges, il ne sera pas champion du monde, le rêve longtemps entrevu vient de se briser. Deux jugent optent pour le match nul 114-114 et son compatriote l’expérimenté Mr Asaro, voit le français s’être imposé de deux points, 115-113. Le sud africain Simphiwe Nongqavi (17-0, 6 KO) conserve donc sa ceinture IBF des super mouches en arrachant le match nul hier soir à Massy et pourtant que c’est passé prés…
Malik est le premier arrivé sur le ring sous une ovation de ses supporters venus en nombre; rien ne transparaît de son visage livide et concentré mais on devine une intense pression l’envahir en mesurant l’immensité de la tache qui l’attend. Nongqavi arrive lui dans un tintamarre indescriptible au son d’une musique de son pays, vêtu d’un sombrero du plus bel effet et d’un short en harmonie avec sa coupe de cheveux à damiers. Le centre omnisports de Massy est comble, tout le monde est là pour l’événement, Hassan N’ Dam et Anthony Mezaache en attente de leur tour pour un titre mondial, sont venus humer l’odeur d’un championnat du monde et supporter leur ami dans sa tentative de décrocher le graal.
L’arbitre américain, Mr Peter Poborski libére enfin les deux hommes qui se jaugent dans ce premier round, le ton est donné et le combat sera essentiellement tactique, tant les styles des deux combattants se ressemblent avec un soupçon de ruse et de métier en plus pour le sud africain. Premier round et première surprise, Bouziane ouvre l’arcade gauche de Nongqavi sur une droite. Le combat ne pouvait démarrer de meilleur façon pour le français. Le coin du champion ayant parfaitement maitrisé cette blessure en endiguant le saignement, Nongaqavi reprend sa marche en avant lors des reprises suivantes mais en étant souvent imprécis.
La puissance pour Nongqavi et la vitesse pour Bouziane, le schéma ne change pas jusqu’à la cinquiéme reprise où le français tente de se mettre en fausse garde, ce qui perturbe quelque peu le sud africain qui toutefois , maintient la pression. Malik a un passage à vide lors des septiéme et huitiéme rounds mais se ressaisit magnifiquement au neuviéme où il fait la différence sur la fin de ce round par sa précision. Malheureusement dénué de punch, il continue au dixiéme et se retrouve au sol victime d’une poussette. Le coin de Bouziane se sachant en retard au pointage et devinant que leur protégé n’en fait pas assez pour marquer l’esprit des juges, l’exhorte à donner tout ce qui lui reste dans les deux derniéres reprises, ce que fit admirablement Malik, poussé par un centre Pierre de Coubertin en folie et debout, il se déchaîna littéralement dans le dernier round et toucha durement Nongqavi, cependant un peu tard dans le combat pour faire nettement la différence sur les bulletins.
Le français a ainsi démontré que ses prétentions au plus haut niveau mondial n’étaient pas usurpées, avec un peu plus l’habitude de ces joutes planétaires où s’acquiert l’expérience nécessaire à la gestion des grands combats, nul doute qu’il peut envisager de décrocher un titre mondial dans un proche avenir.
"Je regrette d’être parti si tard, j’avais les jambes pour faire vingt rounds, j’aurais du gagner ; maintenant je vais partir en vacances et prendre un peu de repos et revenir encore plus fort, en espérant que l’IBF me nommera challenger officiel pour obtenir ma revanche" , nous a déclaré un Malik déjà tourné sur l’avenir.
"Je ne suis pas satisfait de ma performance, mais j’estime que la décision des juges refléte bien le combat, si Massy est prêt à faire les efforts financiers, je reviendrais ici pour une revanche" , claironnait Nongqavi à son retour aux vestiaires.
Michel Beuville et kamel Messani, le 10 Avril 2010
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