Warning: main(../../naviga01.html) [function.main]: failed to open stream: No such file or directory in /home/web/walnut/netboxe.com/www/annee04/mois03/new322.php on line 41
Warning: main() [function.include]: Failed opening '../../naviga01.html' for inclusion (include_path='.:/usr/share/php:/usr/share/pear') in /home/web/walnut/netboxe.com/www/annee04/mois03/new322.php on line 41
|  |
FABRICE TIOZZO AU BOUT DE LUI-MEME
Fabrice Tiozzo a su non seulement imposer le respect par sa préparation
assortie d'un régime et d'une perte de poids hors du commun, mais
sur le ring il a montré ce qu'étaient les valeurs d'un vrai
champion : abnégation, courage, héroïsme, en livrant
un des plus beau combat vus en France depuis quelques années.
Au bout du suspense, après douze reprises acharnées et
pleines de rebondissements, il a conquis, en dominant l'Italien Silvio
Branco samedi soir, un titre mondial WBA dans la catégorie où
il avait obtenu un premier titre (WBC), il y a neuf ans contre le Jamaïcain
Mike McCallum.
Lorsque deux combattants fier et orgueilleux s'affrontent sans tricher,
même pas envers eux même, donnant tout ce qu'ils peuvent...
et un peu plus pour s'approprier la victoire. Quel autre sport que la boxe
peut fournir un spectacle d'une telle intensité, d'une telle émotion
et d'un tel suspense ?
Le Palais des Sports de Lyon - Gerland est comble et chauffé
à blanc lorsque les boxeurs pénètrent sur le ring.
Comme pour exorciser sa défaite devant Virgil Hill, il y a trois
ans, Tiozzo rentre immédiatement dans le combat, avançant
en permanence, il est plus rapide que l'Italien et touche avec de nombreux
gauches parfois suivis de lourds directs du droit.
Branco, bien en jambes, recule et utilise son jab du gauche. Les premières
reprises défilent sur le même rythme, la marche en avant du
Lyonnais est à peine entravée par un violent uppercut de
Branco en début de 3ème reprise renouvelé dans la
reprise suivante.
La bagarre est à son comble au 5ème round, tout à
l'avantage de Tiozzo, qui met même le champion en titre en danger
sur une droite en fin de reprise. "Faut en faire plus !" s'exclame
cependant Perono pendant la reprise suivante, alors que les deux hommes
échangent coups pour coups sous les hurlements du public.
Fabrice rentre dans son coin fatigué avec un petit oeil de pigeon
sur la paupière droite qui sera heureusement contenu par les soigneurs.
"Au 6ème j'ai eu un gros coup de pompe, mais je ne pouvais pas
donner raison aux gens qui pensaient que je ne tiendrais pas la distance"
dira-t-il après le combat.
C'est l'Italien qui est coupé à l'arcade droite dans
la reprise suivante d'un combat néanmoins légèrement dominé par Tiozzo.
Branco,
réagit en champion et attaque la 8ème reprise pied au plancher.
Une violente série des deux mains, commencée et conclue par
des droites voit Tiozzo mettre un genoux à terre. Il repart au combat
mais reste dans le brouillard le plus total, ne boxant que par automatisme
il encaisse plusieurs coups de plein fouet qui le laissent à chaque
fois en équilibre.
"Je ne me souviens de rien ! J'étais touché, je me
relève et je ne me pose même pas de question. J'ai pensé
à ma famille, je ne pouvais pas perdre pour eux. Ensuite, il fallait
que je lui fasse comprendre que j'avais récupéré..."
Tiozzo subit encore la pression pendant tout le 9ème round, avant
de récupérer totalement et d'éprouver à son
tour son rival, celui-ci prenant de plus un gros coups au moral. La fatigue
de Branco est telle qu'il ne tient plus sur ses jambes, au cours de la
11ème reprise, il chute à deux reprises au tapis avant d'y
aller une 3ème fois, compté celle là, sur un court
direct du gauche.
Pendant la dernière minute de repos, Perono et Miloud l'exhortent
à ne pas se relâcher et sous les "Fabrice, Fabrice, Fabrice"
du public qui continue à pousser, Tiozzo va arracher la victoire
pour quelques petits points (114-112 pour deux juges, 113-113 pour le 3ème,
114-113 à notre pointage personnel).
Sur le ring, le nouveau champion dédie sa victoire aux sept mille
spectateurs du Palais des Sports : "Vous avez été formidable,
merci. Vous avez tous mérité un petit bout de cette ceinture..."
une formidable clameur s'élève en retour, Tiozzo a réussi
son pari fou.
"Il était meilleur que je ne le pensais, j'étais prêt
à souffrir mais je ne pensais pas autant. Ce soir c'est vrai que
j'ai beaucoup souffert mais c'est moi qui en voulais le plus." déclare
Tiozzo de retour dans son vestiaire. On se presse, on se bouscule pour
recueillir ses premiers mots : "Je me sens apaisé et heureux
ce n'est pas un nouveau départ mais une nouvelle arrivée,
avec la confiance que j'ai retrouvé je vais être dur à
battre. Je veux pas dire que je suis devenu le meilleur, mais je pense
que je serai meilleur au prochain combat, je n'aurai plus autant de poids
à perdre et un gros combat derrière moi."
Christian Chataignier, le 21 mars 2004
VOIR AUSSI :
|